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Mme de Villedieu est un poétesse, dramaturge et romancière (1640/1683). Elle eu un certain succès en son temps grace au roman intitulé : les désordres de l’amour", qui sous la forme de trois récits décrit un vision pessimiste de l'amour.

Elle est la première auteur à avoir écrit un roman mémoire, genre qu'elle invente, avec "Mémoires de la vie d’Henriette-Sylvie de Molière"

Sa pièce "le Favory" fut crée sur scène par Molière lui même. Elle est la seule a oser mettre en scène le roi lui même.

Je vous donne a lire quelques poèmes qui a leur époques furent juger scandaleux et libertins.

JOUISSANCE


Aujourd’hui dans tes bras j’ai demeuré pâmée ;
Aujourd’hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

Ta flamme et ton respect m’ont enfin désarmée ;
Dans nos embrassements je mets tout mon bonheur,
Et je ne connais plus de vertu ni d’honneur
Puisque j’aime Tirsis et que j’en suis aimée.

Ô vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l’on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie.

Une douce langueur m’ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle amant
Et c’est dans cette mort que je trouve la vie…


ARTICLES D’UNE INTRIGUE DE GALANTERIE

Un amant qui voudrait aspirer à me plaire
Doit avoir l’esprit délicat
Et craindre surtout d’être ingrat
À la moindre faveur que je lui voudrai faire ;
Paraître fort soumis quand je suis en colère,
Croire mon courroux important.
Car de rien quelquefois je me fais une affaire
Et je veux qu’on en fasse autant.

Comme on croit qu’un poulet est un mets agréable
Oui nourrit bien souvent l’amour,
J’en veux avoir un par jour
Ou qu’on m’en donne au moins une excuse valable.
Ce n’est pas qu’un poulet soit toujours véritable,
Mais, sur le devoir d’un amant.
La pure vérité souvent est moins aimable
Qu’un mensonge dit galamment.

Bien qu’on ait cru toujours l’affreuse jalousie
Le partage des vrais amants,
Je blâme ces dérèglements
Qui, d’une passion, font une frénésie.
Pour moi je veux aimer sans soins et sans envie.
Sans crainte et sans précaution ;
Rien ne peut sur ce point troubler ma fantaisie :
J’ai mes attraits pour caution.

Je ne puis approuver les maximes des belles
Qui recommandent le secret ;
Un amant est assez discret
Quand on veut s’en tenir aux simples bagatelles.
Et puis, fût-il d’humeur à conter des nouvelles,
Il faudrait bien s’en consoler,
Car vouloir retenir les langues infidèles
C’est les contraindre de parler.

Quand on voudra changer d’amant ou de maîtresse
Pendant un mois on le dira
Et puis après on changera
Sans qu’on soit accusé d’erreur ou de faiblesse.
Mais on conservera toujours de la tendresse,
On se rendra de petits soins.
Car, entre deux amants, quand un grand amour cesse
Il faut être amis tout au moins.