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VII

La terrible nouvelle fut un coup de foudre. Un colonel et deux gendarmes étaient descendus chez Wassiltzew. Le colonel avait exhibé un ordre sur papier timbré, émanant de l’autorité supérieure et invitant le gentilhomme Stiépane Mikhaïlovitch Wassiltzew, personnage fort dangereux pour le pays, à changer sa résidence actuelle contre celle de Viatka, séjour charmant quoique fort éloigné.

On lui donnait trois jours pour mettre ordre à ses affaires, après quoi il serait accompagné au lieu de sa destination.

Il est facile de se représenter l’impression produite sur toute la famille Barantzew par cet événement. Ce fut le comte qui s’en effraya le plus. Comme beaucoup de ses compatriotes, il était fort libéral en théorie, frondeur même, et critiquait volontiers le gouvernement — portes closes ; mais le collet bleu d’un fonctionnaire apparaissait-il à l’horizon — il se calmait subitement et devenait le plus paisible et le plus fidèle des serviteurs impériaux.

Dans le cas présent son manque de courage habituel se doublait de remords bien justifiés. Comment avait-il pu permettre que l’intimité s’établît entre sa fille et cet homme dangereux ? Il était donc aveugle ? Ce Wassiltzew qu’hier encore il considérait comme un excellent parti pour Vera, lui devint tout à coup odieux : un vagabond sans foi ni loi qu’on devait être honteux de connaître. Il ne pouvait plus être question de mariage entre lui et Véra : la jeune fille était compromise, presque déshonorée.

Comme dans tous les cas difficiles de sa vie, le comte s’empressa d’étouffer le sentiment de sa propre responsabilité en accablant les autres de reproches.

— Toi, ma chère, tu n’es bonne qu’à soigner tes névralgies et tu ne sais pas garder ta fille, dit-il à sa femme.

La comtesse sentait bien l’humiliation qui résulterait pour eux de toute cette histoire, et savourait d’avance la douceur enfiellée des questions naïves que ne manqueraient pas de lui faire les dames de la ville à leur première rencontre.

Tous, y compris les domestiques, se trouvaient en proie à ce sentiment de panique inconsciente que produit en Russie la vue d’un uniforme bleu5. Chacun s’attendait à une catastrophe inévitable. « Voilà la police qui arrive chez nous », annonça un jour avec un cri d’effroi la petite servante Fiénia, en entendant le son des clochettes d’attelage sur la grand’route.

Tous les habitants de la maison furent pris d’une épouvante folle. La comtesse courut à sa chambre et se mit au lit, pensant y trouver l’asile le plus sûr. Le comte ne fit qu’un saut à la chambre de Véra et s’emparant au hasard des papiers et des livres qui lui tombaient sous la main, les jeta dans le poêle flambant. Les domestiques avaient tous disparu.

Ce ne fut qu’une fausse alerte, — un employé de la douane qui passait, — mais il fallut du temps pour se remettre de cette émotion.

Quant à Véra, le coup qui la frappa était si inattendu, si horrible qu’elle restait dans un état d’abattement complet sans pouvoir mesurer ce malheur dans toute son étendue.

Cette pensée qu’on allait emmener Wassiltzew, les séparer pour toujours, était si atroce qu’elle ne pouvait la caser dans son cerveau. Ce qui arriverait « après » — elle ne se le représentait même pas. Cet « après » hantait son imagination comme un abîme sans fond et sa tête tournait dès qu’elle y plongeait le regard. Pour le moment, son inquiétude et son tourment c’était qu’il partît sans lui dire adieu. Le voir encore une fois, une heure, une minute, et puis — arrive que pourra ! Parfois, il lui semblait qu’il leur suffirait de se revoir pour que tout fût réparé et s’arrangeât d’une façon ou d’une autre.

Tous ses désirs, toutes ses pensées, toute sa volonté se concentraient en un seul besoin : le revoir !

Mais ce n’était pas chose facile. Wassiltzew était prisonnier dans sa propre maison et gardé à vue par les gendarmes.

On surveillait aussi Véra sévèrement. Toute la famille la croyait capable d’un acte de désespoir et on ne la laissait pas seule un instant ; le jour c’étaient sa mère et ses sœurs qui la gardaient et la nuit ce soin était confié à Anissia.

Le deuxième jour touchait à sa fin et Véra n’avait pu encore trouver le moyen de quitter la maison. Elle était sans nouvelles de Wassiltzew, car personne n’entrait de chez le voisin, pas même un chien.

Le lendemain, à l’aurore, on l’emmènerait et alors tout serait fini. À cette pensée, il semblait à Véra qu’elle devenait folle.

— Anissia, mon amie, ma petite colombe ! Laisse-moi l’aller voir ! Une heure, une seule ! Personne ne le saura, supplia-t-elle.

— Y pensez-vous, Mademoiselle ? répondit Anissia, en faisant des deux mains un geste d’effroi.

— Anissia ! Souviens-toi de ta jeunesse ! Tu m’as dit plus d’une fois combien la vie était dure pour vous au temps du servage ! C’est à cause de vous, à cause des paysans que Stiépane Mikhailovitch est persécuté.

— Ah, Mademoiselle, ma pauvre demoiselle, n’en parlez pas ! Je sais que le voisin est bon. Nous autres, croyez-le bien, nous le plaignons du fond du cœur ! Et vous aussi nous vous plaignons. Nous disions souvent que ce serait un bon mariage ! Et nous étions heureux en vous regardant tous les deux. Mais que faire ? C’est la volonté de Dieu !... Mademoiselle, maîtresse, que faites-vous ? Avez-vous perdu la tête, ma colombe chérie ! Est ce bien devant moi, vile esclave, que vous vous mettez à genoux !

Véra, au comble du désespoir, s’était jetée aux genoux d’Anissia et lui embrassait les mains.

— Anissia, si tu ne veux pas, mon sang retombe sur toi ! Je te jure que je mourrai si je ne le vois pas avant son départ.

Anissia n’avait pas un cœur de pierre. Après beaucoup de recommandations et de soupirs, elle promit enfin à Véra de la laisser sortir par le perron de service, plus tard, lorsque tout le monde serait couché.

Il faisait nuit quand Véra, vêtue de la robe d’Anissia, un vieux châle sur la tête, se glissa hors de la maison. De jour le soleil était déjà chaud, mais le soir il y avait encore de légères gelées ; les ornières de la grand’route se recouvraient d’une mince pellicule de glace qui craquait sous les pas de Véra ; un frisson fiévreux secouait ses membres.

Le ruisseau séparant les deux propriétés était sorti de son lit et rendait la route impraticable ; on était obligé de faire un détour de deux kilomètres, et il semblait à Véra, qui jamais encore ne s’était trouvée en pleine campagne la nuit, que le chemin était tout autre que le jour. Elle ne reconnaissait pas les lieux qui lui étaient le plus familiers.

Mais elle avançait sans se retourner, ne ressentant ni frayeur ni émotion ; la douleur du prochain départ de Wassiltzew semblait endormie. La tête lui tournait, ses pensées semblaient noyées dans un brouillard et ce sentiment n’avait rien de désagréable. Ses pieds étaient légers, elle ne sentait plus le poids de son corps, marchait comme dans un rêve et ne revint à elle qu’à l’entrée de la propriété de Wassiltzew.

La maison était dans les ténèbres : tout le monde dormait. Une seule fenêtre reflétait une faible lumière. Véra frappa un petit coup timide d’abord ; personne ne répondit ; alors elle frappa de plus en plus fort. Deux chiens aboyèrent avec rage ; on entendit un bruit de pas : c’était un des gendarmes qui arrivait tout endormi, ses pieds nus chaussés de savates et son uniforme négligemment jeté sur ses épaules ; il portait une lanterne allumée.

— Qui est là à rôder ainsi la nuit ? Que voulez-vous ? grogna-t-il en ouvrant la porte. Eh ! Mais c’est une donzelle... Et sa mauvaise humeur fit place à l’étonnement.

— J’ai besoin de voir Monsieur, murmura Véra d’une voix à peine intelligible. Elle tremblait de tous ses membres, sans cependant rien perdre de sa résolution.

Le gendarme leva sa lanterne de manière à éclairer le visage de Véra et se mit à l’examiner sans cérémonie et sans se presser. Ça doit être une femme de chambre ! se dit-il, sa colère tombant tout à fait.

— Eh, la belle ! Tu sembles fort bien connaître le moyen d’aller chez Monsieur la nuit ! dit-il enfin d’un ton goguenard. Mais ce soir, vois-tu, il ne te sera pas facile d’arriver à lui, ajouta-t-il, changeant de ton et devenant de nouveau rigide.

— Laissez-moi passer, au nom de Dieu ! supplia Véra. De tout ce qu’avait dit ce gendarme elle n’avait compris qu’une chose : c’est qu’on ne la laisserait pas arriver jusqu’à Wassiltzew et qu’elle serait obligée de partir sans avoir vu son ami. Sa voix exprimait une prière si intense et un désespoir si profond que le gendarme, qui avait un faible pour le beau sexe, céda.

— C’est bon, c’est bon ! Il n’y a pas besoin de beugler ! On va voir ce qu’on peut faire... Je suis obligé d’aller le dire au colonel... ajouta-t-il après un moment de réflexion.

Il laissa entrer Véra, lui fit traverser la cour et lui disant d’attendre dans l’antichambre, disparut de l’autre côté de la cloison, où le colonel, déjà couché, avait été réveillé par le bruit.

Une torpeur étrange et une complète insensibilité envahirent de nouveau Véra comme tout à l’heure sur la grand’route. Sans aucun trouble elle entendit le gendarme annoncer au colonel que la maîtresse de Wassiltzew était là voulant lui faire ses adieux. Elle entendit aussi la plaisanterie salée du colonel et sa question : « Est-elle jolie ? » Tout cela arrivait à ses oreilles sans l’émouvoir, comme si elle-même n’eût pas été en cause.

— Que diable ! Eh bien, laisse-la entrer ! Qu’il s’amuse un peu avant de partir, décida-t-il enfin. Le gendarme ouvrit la porte de l’appartement et Véra s’y élança comme une flèche.

— Tu es bien pressée ! dit l’homme en riant. Comment te nommes-tu, la belle ? Ne nous oublie pas une autre fois, quand ton ami sera parti !

Mais Véra n’était plus là. Elle traversa en courant les deux ou trois pièces qui la séparaient de la porte fermée d’où filtrait par la fente une faible lumière.

Wassiltzew se tenait dans sa chambre qui lui servait en même temps de cabinet de travail.

Il ne s’était pas couché, voulant mettre en ordre ses papiers et ses livres. Cette grande chambre avait l’air lamentable que prennent les pièces que l’on va quitter. Du linge, des portefeuilles, des cahiers s’entassaient sur l’étroit lit de fer dont la couverture gisait dans un coin. Des bouts de papier, des lettres déchirées, de vieilles factures couvraient le plancher. Deux grandes caisses étaient remplies de livres et les rayons vides de la bibliothèque ressemblaient à de noirs squelettes. Une valise laissant passer du linge, des vêtements, une paire de bottes, s’étalait au milieu de la chambre.

En ouvrant la porte, Véra sentit pour la première fois depuis qu’elle avait quitté sa maison une émotion profonde lui étreindre le cœur. Elle s’arrêta sur le seuil, sans avoir la force de faire un pas en avant ou de prononcer une parole.

Wassiltzew lui tournait le dos, penché sur la table de travail, si absorbé dans sa besogne qu’il n’entendit pas le grincement de la porte.

Lorqu’un instant après il se retourna et aperçut Véra toute pâle, son visage n’exprima aucun étonnement, mais seulement une joie infinie : il semblait l’attendre et ne pas douter qu’elle viendrait. Il s’élança vers elle et ils restèrent pendant quelques secondes les mains dans les mains, silencieux, la gorge serrée. Enfin, avec un sanglot étouffé, Véra se rapprocha brusquement. Un léger bruit de pas se fit entendre derrière la porte, on sentait la présence invisible d’un étranger. Un tremblement nerveux secoua Wassiltzew.

— Véra, mon amie, nous ne sommes pas seuls. On nous écoute. Ne donnons pas notre souffrance en spectacle à ces scélérats, murmura-t-il, les dents serrées. Il avait subitement repris possession de lui-même et la fit asseoir à ses côtés sur le divan, repoussant le tas de livres qui l’encombrait. Son visage était très pâle ; aux coins de sa bouche passait de temps en temps un tressaillement convulsif et les veines de ses tempes semblaient tendues comme des cordes. Mais il continuait à parler d’une voix calme de choses indifférentes.

— J’ai mis dans cette caisse, Véra, tous les livres que je vous destine. Nous avons commencé l’ouvrage de Spencer ; vous y trouverez quelques marques au crayon faites à votre intention...

Elle était comme figée dans une immobilité de statue ; les ongles de ses mains crispées lui entraient dans la chair. Les paroles de Wassiltzew arrivaient à son cerveau comme un bruit sourd, sans aucun sens précis. Lorsqu’il lui faisait une question, elle y répondait machinalement par un signe de tête ou par un faible sourire plein de souffrance ; elle n’osait parler et avait conscience qu’au premier mot elle éclaterait en sanglots. Le tic-tac de la pendule résonnait à son oreille ; un grand hanneton bruissait dans la chambre, se calmant par intervalles, puis recommençant à se débattre contre le plafond et les vitres. Véra sentait par toutes les fibres de son être cette disparition du temps fuyant comme un liquide s’échappe goutte à goutte de la fissure d’un récipient ; ces gouttes précieuses diminuaient de minute en minute ; le moment approchait de la séparation pour de longues années, pour toujours peut-être. Impossible de dire un mot, de faire un geste de tendresse. Ils sont là comme des étrangers, vis-à-vis l’un de l’autre ; toujours ce même petit bruit dans la chambre à côté !

La flamme de la bougie devient jaune tout à coup ; la fenêtre avec son store baissé qui semblait auparavant une grande tache noire, prend peu à peu des teintes irisées. Le coq s’éveille, des moineaux gazouillent, des vaches mugissent, tout annonce au village une matinée printanière.

Une désespérance glaciale envahit Véra. Pour la première fois, la séparation prochaine se présente à elle avec toute la force d’une inévitable réalité.

Jusqu’à présent, il y avait encore avant la fin le bonheur de cette dernière entrevue, le fol et vague espoir de quelque événement imprévu effaçant l’idée même de la séparation ; maintenant il ne restait plus rien.

Wassiltzew ouvrit la fenêtre et releva le store. Les premières lueurs d’une splendide matinée, l’odeur des fleurs et les voix printanières, tout cela fit irruption dans la chambre triomphalement, brutalement. Par un mouvement rapide et inconscient, Wassiltzew referma la fenêtre et baissa le store. Il se jeta sur une chaise et des sanglots amers secouèrent son corps robuste.

D’un seul bond, Véra fut près de lui. Elle se mit à genoux, l’entoura de ses bras, le couvrit de baisers :

— Mon bien-aimé ! Ma joie et ma vie ! Ne t’en va pas seul ! Emmène-moi !

Wassiltzew la prit dans ses bras. Il ne pensait plus à la calmer ; il répondait à ses chaudes caresses, la serrant de plus en plus et leurs lèvres s’unirent pour la première fois en un long baiser d’amour.

Subitement, Wassiltzew revint à lui. Il la repoussa d’un mouvement brusque, se leva et se mit à arpenter la chambre.

À genoux devant la chaise vide, Véra continuait à sangloter amèrement.

Lorsque Wassiltzew s’approcha d’elle de nouveau, ses traits s’étaient creusés comme après une grave maladie.

— Véra, mon adorée, pardonne-moi ! Que de souffrances je t’ai causées, ma pauvre amie ! Comment te prendrais-je avec moi ! Puis-je te river, jeune et pleine de santé, à une vie à moitié finie ! Et quand même je le voudrais, est-ce qu’on me le permettrait ? Tes parents ne te reprendraient-ils pas de force ? Sa voix était sourde et semblait brisée.

Véra cessa de pleurer ; elle sentait maintenant que tout était fini. Il faisait jour. On frappa à la porte ; le gendarme venait avertir qu’on partirait dans une demi-heure.

— Véra, ne vaut-il pas mieux que tu me quittes à présent, demanda Wassiltzew d’une voix éteinte. Elle fit de la tête un signe négatif ; elle voulait rester jusqu’au bout. Une complète inertie, un sentiment de non-réalité s’emparait encore d’elle. Wassiltzew, lui aussi, se mouvait et parlait comme en rêve.

Tous ses serviteurs, la vieille cuisinière, l’intendant, ses amis les paysans venaient l’un après l’autre prendre congé de lui.

En entrant, ils faisaient le signe de la croix devant les saintes images, puis ils s’essuyaient la bouche et l’embrassaient trois fois, sérieux, recueillis, comme à une cérémonie religieuse. Plusieurs femmes, leurs enfants dans les bras, restaient devant le perron et manifestaient leur chagrin en pleurant et priant bruyamment.

Véra, les yeux secs, les regardait entrer, sortir, soupirer et pleurer, comme elle aurait regardé des automates donnant une représentation étrange et compliquée.

Le colonel déjeunait dans la chambre à côté, faisant honneur à la vodka.

— Et vous aussi, mon petit père Stiépane Mikhaïlovitch, vous devriez prendre des forces pour le voyage ! dit-il avec bonhomie, l’encourageant.

À travers la porte entr’ouverte, il lança à la dérobée un regard curieux sur Véra, sans lui adresser une parole : il avait probablement compris qu’il ne s’agissait pas d’une femme de chambre.

Le tarantass attelé d’une troïka s’avança devant le perron. Le colonel y prit place à côté de Wassiltzew ; l’un des gendarmes monta sur le siège ; l’autre resta en faction.

— Avec l’aide de Dieu !

Les chevaux s’élancèrent et l’équipage, se balançant de côté et d’autre, roula dans la boue de la grand’route. Bientôt il disparut derrière le bois de bouleaux.

Le son des clochettes devenait de plus en plus faible ; il se tut enfin, et on n’entendit plus que les bruits harmonieux qui animent toute matinée de printemps.

La tête baissée, sans se retourner, Véra marchait lentement sur le chemin de retour. Les arbres en fleur la couvraient de leurs blanches pétales, et les branches laissaient tomber sur elle de larges gouttes de rosée parfumée. Un jeune lièvre traversa la prairie et, s’asseyant sur une motte de gazon, se mit à tambouriner de ses deux pattes de devant pour appeler sa compagne ; mais, apercevant un être humain, il rejeta ses oreilles en arrière et s’enfuit vers la forêt. Le ciel scintillait de mille feux comme si le soleil s’était fondu dans le bleu de l’éther, dorant de ses rayons l’immense voûte céleste. Tout en haut, d’un petit point noir bientôt imperceptible, jaillit dans l’espace une chanson puissante d’amour et de bonheur.