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VII.

 

Le lendemain Raymon reçut à son réveil une seconde lettre de Noun. Celle-là, il ne la rejeta point avec dédain ; il l’ouvrit au contraire avec empressement : elle pouvait lui parler de madame Delmare. Il en était question en effet ; mais dans quel embarras cette complication d’intrigues jetait Raymon ! Le secret de la jeune fille devenait impossible à cacher. Déjà la souffrance et l’effroi avaient maigri ses joues ; madame Delmare s’apercevait de cet état maladif sans en pénétrer la cause. Noun craignait la sévérité du colonel, mais plus encore la douceur de sa maîtresse. Elle savait bien qu’elle obtiendrait son pardon ; mais elle se mourait de honte et de douleur d’être forcée à cet aveu. Qu’allait-elle devenir si Raymon ne prenait soin de la soustraire aux humiliations qui devaient l’accabler ! Il fallait qu’il s’occupât d’elle enfin, ou elle allait se jeter aux pieds de madame Delmare et lui tout déclarer.

Cette crainte agit puissamment sur M. de Ramière. Son premier soin fut d’éloigner Noun de sa maîtresse.

« Gardez-vous de parler sans mon aveu, lui répondit-il. Tâchez d’être au Lagny ce soir, j’y serai. »

En s’y rendant il réfléchit à la conduite qu’il devait tenir. Noun avait assez de bon sens pour ne pas compter sur une réparation impossible. Elle n’avait jamais osé prononcer le mot de mariage, et, parce qu’elle était discrète et généreuse, Raymon se croyait moins coupable. Il se disait qu’il ne l’avait point trompée, et que Noun avait dû prévoir son sort plus d’une fois. Ce qui causait l’embarras de Raymon, ce n’était pas d’offrir la moitié de sa fortune à la pauvre fille ; il était prêt à l’enrichir, à prendre d’elle tous les soins que la délicatesse lui suggérait. Ce qui rendait sa situation si pénible, c’était d’être forcé de lui dire qu’il ne l’aimait plus ; car il ne savait pas tromper. Si sa conduite, en ce moment, paraissait double et perfide, son cœur était sincère comme il l’avait toujours été. Il avait aimé Noun avec les sens ; il aimait madame Delmare de toute son âme. Il n’avait menti jusque-là ni à l’une ni à l’autre. Il s’agissait de ne pas commencer à mentir, et Raymon se sentait également incapable d’abuser la pauvre Noun et de lui porter le coup du désespoir. Il fallait choisir entre une lâcheté et une barbarie. Raymon était bien malheureux. Il arriva à la porte du parc du Lagny sans avoir rien décidé.

De son côté, Noun, qui n’espérait peut-être pas une si prompte réponse, avait repris un peu d’espoir.

« Il m’aime encore, se disait-elle, il ne veut pas m’abandonner. Il m’avait un peu oubliée, c’est tout simple ; à Paris, au milieu des fêtes, aimé de toutes les femmes, comme il doit l’être, il s’est laissé entraîner quelques instants loin de la pauvre Indienne. Hélas ! qui suis-je pour qu’il me sacrifie tant de grandes dames plus belles et plus riches que moi ? Qui sait ? se disait-elle naïvement, peut-être que la reine de France est amoureuse de lui. »

À force de penser aux séductions que le luxe devait exercer sur son amant, Noun s’avisa d’un moyen pour lui plaire davantage. Elle se para des atours de sa maîtresse, alluma un grand feu dans la chambre que madame Delmare occupait au Lagny, para la cheminée des plus belles fleurs qu’elle put trouver dans la serre chaude, prépara une collation de fruits et de vins fins, apprêta en un mot toutes les recherches du boudoir auxquelles elle n’avait jamais songé ; et quand elle se regarda dans un grand panneau de glace, elle se rendit justice en se trouvant plus jolie que les fleurs dont elle avait cherché à s’embellir.

« Il m’a souvent répété, se disait-elle, que je n’avais pas besoin de parure pour être belle, et qu’aucune femme de la cour, dans tout l’éclat de ses diamants, ne valait un de mes sourires. Pourtant ces femmes qu’il dédaignait l’occupent maintenant. Voyons, soyons gaie, ayons l’air vif et joyeux ; peut-être que je ressaisirai cette nuit tout l’amour que je lui avais inspiré. »

Raymon, ayant laissé son cheval à une petite maison de charbonnier dans la forêt, pénétra dans le parc, dont il avait une clef. Cette fois il ne courait plus le risque d’être pris pour un voleur ; presque tous les domestiques avaient suivi leurs maîtres ; le jardinier était dans sa confidence, et il connaissait tous les abords du Lagny comme ceux de sa propre demeure.

La nuit était froide ; un brouillard épais enveloppait les arbres du parc, et Raymon avait peine à distinguer leurs tiges noires dans la brume blanche qui les revêtait de robes diaphanes.

Il erra quelque temps dans les allées sinueuses avant de trouver la porte du kiosque où Noun l’attendait. Elle vint à lui enveloppée d’une pelisse dont le capuchon était relevé sur sa tête.

« Nous ne pouvons rester ici, lui dit-elle, il y fait trop froid. Suivez-moi et ne parlez pas. »

Raymon se sentit une extrême répugnance à entrer dans la maison de madame Delmare comme amant de sa femme de chambre. Cependant, il fallut céder ; Noun marchait légèrement devant lui, et cette entrevue devait être décisive.

Elle lui fit traverser la cour, apaisa les chiens, ouvrit les portes sans bruit, et, le prenant par la main, elle le guida en silence dans les corridors sombres ; enfin, elle l’entraîna dans une chambre circulaire, élégante et simple, où des orangers en fleurs répandaient leurs suaves émanations ; des bougies diaphanes brûlaient dans les candélabres.

Noun avait effeuillé des roses du Bengale sur le parquet, le divan était semé de violettes, une douce chaleur pénétrait tous les pores, et les cristaux étincelaient sur la table parmi les fruits, qui présentaient coquettement leurs flancs vermeils, mêlés à la mousse verte des corbeilles.

Ébloui par la transition brusque de l’obscurité à une vive lumière, Raymon resta quelques instants étourdi ; mais il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre où il était. Le goût exquis et la simplicité chaste qui présidaient à l’ameublement ; ces livres d’amour et de voyages, épars sur les planches d’acajou ; ce métier chargé d’un travail si joli et si frais, œuvre de patience et de mélancolie ; cette harpe dont les cordes semblaient encore vibrer des chants d’attente et de tristesse ; ces gravures qui représentaient les pastorales amours de Paul et de Virginie, les cimes de l’île Bourbon et les rivages bleus de Saint-Paul ; mais surtout ce petit lit à demi caché sous les rideaux de mousseline, ce lit blanc et pudique comme celui d’une vierge, orné au chevet, en guise de rameau bénit, d’une palme enlevée peut-être le jour du départ à quelque arbre de la patrie ; tout révélait madame Delmare, et Raymon fut saisi d’un étrange frisson en songeant que cette femme enveloppée d’un manteau, qui l’avait conduit jusque-là, était peut-être Indiana elle-même. Cette extravagante idée sembla se confirmer lorsqu’il vit apparaître dans la glace en face de lui une forme blanche et parée, le fantôme d’une femme qui entre au bal et qui jette son manteau pour se montrer radieuse et demi-nue aux lumières étincelantes. Mais ce ne fut que l’erreur d’un instant : Indiana eût été plus cachée… son sein modeste ne se fût trahi que sous la triple gaze de son corsage ; elle eût peut-être orné ses cheveux de camélias naturels, mais ce n’est pas dans ce désordre excitant qu’ils se fussent joués sur sa tête : elle eût pu emprisonner ses pieds dans des souliers de satin, mais sa chaste robe n’eût pas ainsi trahi les mystères de sa jambe mignonne.

Plus grande et plus forte que sa maîtresse, Noun était habillée et non pas vêtue avec ses parures. Elle avait de la grâce, mais de la grâce sans noblesse ; elle était belle comme une femme et non comme une fée ; elle appelait le plaisir et ne promettait pas la volupté.

Raymon, après l’avoir examinée dans la glace sans tourner la tête, reporta ses regards sur tout ce qui pouvait lui rendre un reflet plus pur d’Indiana, sur les instruments de musique, sur les peintures, sur le lit étroit et virginal. Il s’enivra du vague parfum que sa présence avait laissé dans ce sanctuaire ; il frissonna de désir en pensant au jour où Indiana elle-même lui en ouvrirait les délices ; et Noun, les bras croisés, debout derrière lui, le contemplait avec extase, s’imaginant qu’il était absorbé par le ravissement, à la vue de tous les soins qu’elle s’était donnés pour lui plaire.

Mais lui, rompant enfin le silence :

« Je vous remercie, lui dit-il, de tous les apprêts que vous avez faits pour moi ; je vous remercie surtout de m’avoir fait entrer ici, mais j’ai assez joui de cette surprise gracieuse. Sortons de cette chambre, nous n’y sommes pas à notre place ; et je dois respecter madame Delmare, même en son absence.

— Cela est bien cruel, dit Noun, qui ne l’avait pas compris, mais qui voyait son air froid et mécontent ; cela est cruel, d’avoir espéré que je vous plairais et de voir que vous me repoussez.

— Non, chère Noun, je ne vous repousserai jamais ; je suis venu ici pour causer sérieusement avec vous et vous témoigner l’affection que je vous dois. Je suis reconnaissant de votre désir de me plaire ; mais je vous aimais mieux parée de votre jeunesse et de vos grâces naturelles qu’avec ces ornements empruntés. »

Noun comprit à demi et pleura.

« Je suis une malheureuse, lui dit-elle ; je me hais puisque je ne vous plais plus… J’aurais dû prévoir que vous ne m’aimeriez pas longtemps, moi, pauvre fille sans éducation. Je ne vous reproche rien. Je savais bien que vous ne m’épouseriez pas ; mais, si vous m’eussiez aimée toujours, j’eusse tout sacrifié sans regret, tout supporté sans me plaindre. Hélas ! je suis perdue, je suis déshonorée !… je serai chassée peut-être… Je vais donner la vie à un être qui sera encore plus infortuné que moi, et nul ne me plaindra… Chacun se croira le droit de me fouler aux pieds… Eh bien ! tout cela, je m’y résignerais avec joie, si vous m’aimiez encore. »

Noun parla longtemps ainsi. Elle ne se servit peut-être pas des mêmes mots, mais elle dit les mêmes choses, bien mieux cent fois que je ne pourrais vous les redire. Où trouver le secret de cette éloquence qui se révèle tout à coup à un esprit ignorant et vierge dans la crise d’une passion vraie et d’une douleur profonde ?… C’est alors que les mots ont une autre valeur que dans toutes les autres scènes de la vie ; c’est alors que des paroles triviales deviennent sublimes par le sentiment qui les dicte et l’accent qui les accompagne. Alors la femme du dernier rang devient, en se livrant à tout le délire de ses émotions, plus pathétique et plus convaincante que celle à qui l’éducation a enseigné la modération et la réserve.

Raymon se sentit flatté d’inspirer un attachement si généreux, et la reconnaissance, la compassion, un peu de vanité peut-être, lui rendirent un moment d’amour.

Noun était suffoquée de larmes ; elle avait arraché les fleurs de son front, ses longs cheveux tombaient épars sur ses épaules larges et éblouissantes. Si madame Delmare n’eût eu pour l’embellir son esclavage et ses souffrances, Noun l’eût infiniment surpassée en beauté dans cet instant ; elle était splendide de douleur et d’amour. Raymon, vaincu, l’attira dans ses bras, la fit asseoir près de lui sur le sofa, et approcha le guéridon chargé de carafes pour lui verser quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger dans une coupe de vermeil. Soulagée de cette marque d’intérêt plus que du breuvage calmant, Noun essuya ses pleurs, et, se jetant aux pieds de Raymon :

« Aime-moi donc encore, lui dit-elle en embrassant ses genoux avec passion ; dis-moi encore que tu m’aimes, et je serai guérie, je serai sauvée. Embrasse-moi comme autrefois, et je ne regretterai pas de m’être perdue pour te donner quelques jours de plaisir. »

Elle l’entourait de ses bras frais et bruns, elle le couvrait de ses longs cheveux ; ses grands yeux noirs lui jetaient une langueur brûlante, et cette ardeur du sang, cette volupté tout orientale qui sait triompher de tous les efforts de la volonté, de toutes les délicatesses de la pensée. Raymon oublia tout, et ses résolutions, et son nouvel amour, et le lieu où il était. Il rendit à Noun ses caresses délirantes. Il trempa ses lèvres dans la même coupe, et les vins capiteux qui se trouvaient sous leur main achevèrent d’égarer leur raison.

Peu à peu le souvenir vague et flottant d’Indiana vint se mêler à l’ivresse de Raymon. Les deux panneaux de glace qui se renvoyaient l’un à l’autre l’image de Noun jusqu’à l’infini semblaient se peupler de mille fantômes. Il épiait dans la profondeur de cette double réverbération une forme plus déliée, et il lui semblait saisir, dans la dernière ombre vaporeuse et confuse que Noun y reflétait, la taille fine et souple de madame Delmare.

Noun, étourdie elle-même par les boissons excitantes dont elle ignorait l’usage, ne saisissait plus les bizarres discours de son amant. Si elle n’eût pas été ivre comme lui, elle eût compris qu’au plus fort de son délire Raymon songeait à une autre. Elle l’eût vu baiser l’écharpe et les rubans qu’avait portés Indiana, respirer les essences qui la lui rappelaient, froisser dans ses mains ardentes l’étoffe qui avait protégé son sein ; mais Noun prenait tous ces transports pour elle-même lorsque Raymon ne voyait d’elle que la robe d’Indiana. S’il baisait ses cheveux noirs, il croyait baiser les cheveux noirs d’Indiana. C’était Indiana qu’il voyait dans le nuage du punch que la main de Noun venait d’allumer ; c’était elle qui l’appelait et qui lui souriait derrière ces blancs rideaux de mousseline ; ce fut elle encore qu’il rêva sur cette couche modeste et sans tache, lorsque, succombant sous l’amour et le vin, il y entraîna sa créole échevelée.

Quand Raymon s’éveilla, un demi-jour pénétrait par les fentes du volet, et il resta longtemps plongé dans une vague surprise, immobile, et contemplant comme une vision du sommeil le lieu où il se trouvait, et le lit où il avait reposé. Tout avait été remis en ordre dans la chambre de madame Delmare. Dès le matin, Noun, qui s’était endormie souveraine en ce lieu, s’était réveillée femme de chambre. Elle avait emporté les fleurs et fait disparaître les restes de la collation ; les meubles étaient à leur place, rien ne trahissait l’orgie amoureuse de la nuit, et la chambre d’Indiana avait repris son air de candeur et de décence.

Accablé de honte, il se leva et voulut sortir, mais il était enfermé ; la fenêtre dominait trente pieds de profondeur, et il fallut rester attaché dans cette chambre pleine de remords, comme Ixion sur sa roue.

Alors il se jeta à genoux, la face tournée contre ce lit foulé et meurtri qui le faisait rougir.

« Ô Indiana ! s’écria-t-il en se tordant les mains, t’ai-je assez outragée ? Pourrais-tu me pardonner une telle infamie ? Quand tu le ferais, moi, je ne me la pardonnerais pas. Résiste-moi maintenant, douce et confiante Indiana ; car tu ne sais pas à quel homme vil et brutal tu veux livrer les trésors de ton innocence ! Repousse-moi, foule-moi aux pieds, moi qui n’ai pas respecté l’asile de ta pudeur sacrée ; moi qui me suis enivré de tes vins comme un laquais, côte à côte avec ta suivante ; moi qui ai souillé ta robe de mon haleine maudite, et ta ceinture pudique de mes infâmes baisers sur le sein d’une autre ; moi qui n’ai pas craint d’empoisonner le repos de tes nuits solitaires, et de verser jusque sur ce lit que respectait ton époux lui-même les influences de la séduction et de l’adultère ! Quelle sécurité trouveras-tu désormais derrière ces rideaux dont je n’ai pas craint de profaner le mystère ? Quels songes impurs, quelles pensées âcres et dévorantes ne viendront pas s’attacher à ton cerveau pour le dessécher ! Quels fantômes de vice et d’insolence ne viendront pas ramper sur le lin virginal de ta couche ! Et ton sommeil, pur comme celui d’un enfant, quelle divinité chaste voudra le protéger maintenant ? N’ai-je pas mis en fuite l’ange qui gardait ton chevet ? n’ai-je pas ouvert au démon de la luxure l’entrée de ton alcôve ? ne lui ai-je pas vendu ton âme ? et l’ardeur insensée qui consume les flancs de cette créole lascive, ne viendra-t-elle pas, comme la robe de Déjanire, s’attacher aux tiens pour les ronger ? Oh ! malheureux ! coupable et malheureux que je suis ! que ne puis-je laver de mon sang la honte que j’ai laissée sur cette couche ! »

Et Raymon l’arrosait de ses larmes.

Alors Noun rentra, avec son madras et son tablier ; elle crut, à voir Raymon ainsi agenouillé, qu’il faisait sa prière. Elle ignorait que les gens du monde n’en font pas. Elle attendit donc, debout et silencieuse, qu’il daignât s’apercevoir de sa présence.

Raymon, en la voyant, se sentit confus et irrité, sans courage pour la gronder, sans force pour lui adresser une parole amie.

« Pourquoi m’avez-vous enfermé ici ? lui dit-il enfin. Songez-vous qu’il fait grand jour et que je ne puis sortir sans vous compromettre ouvertement ?

— Aussi vous ne sortirez pas, lui dit Noun d’un air caressant. La maison est déserte, personne ne peut vous découvrir ; le jardinier ne vient jamais dans cette partie du bâtiment, dont seule je garde les clefs. Vous resterez avec moi cette journée encore ; vous êtes mon prisonnier. »

Cet arrangement mettait Raymon au désespoir ; il ne sentait plus pour sa maîtresse qu’une sorte d’aversion. Cependant il fallut se résigner, et peut-être que, malgré ce qu’il souffrait dans cette chambre, un invincible attrait l’y retenait encore.

Lorsque Noun le quitta pour aller lui chercher à déjeuner, il se mit à examiner au grand jour tous ces muets témoins de la solitude d’Indiana. Il ouvrit ses livres, feuilleta ses albums, puis il les ferma précipitamment ; car il craignit encore de commettre une profanation et de violer des mystères de femme. Enfin il se mit à marcher, et il remarqua, sur le panneau boisé qui faisait face au lit de madame Delmare, un grand tableau richement encadré, recouvert d’une double gaze.

C’était peut-être le portrait d’Indiana. Raymon, avide de le contempler, oublia ses scrupules, monta sur une chaise, détacha les épingles, et découvrit avec surprise le portrait en pied d’un beau jeune homme.